Les chapeaux de fer en zone tropicale : Comparaison des ferruginisations du centre du Togo et du nord du Burkina, dans les formations néoprotérozoïques

Introduction

Avant l'approche que j'ai proposée pour les affleurements ferrugineux particuliers de Pagala (Blot et Magat, 1989) et Tin Akoff (Blot, 2002 a, b), successivement au Togo et au Burkina Faso, les appellations retenues variaient, suivant les observateurs, entre des encroûtements ferrugineux, des brèches tectoniques ferrugineuses, des brèches ferrugineuses latéritiques, voire des latérites, mêlant ainsi des notions génétiques et descriptives fort éloignées les unes des autres. Dans la région sahélienne du Burkina, il avait bien été noté que de fortes teneurs métalliques en Zn, Cu et Mo, étaient liées à un faciès ferrugineux, mais en faisant jouer, sans justification particulière, un rôle collecteur au fer, et avec le constat qu'il n'y avait pas de valeur économique directe de ces roches (PNUD, 1974). Au Togo, aucun intérêt particulier n'avait été porté sur ces roches ferrugineuses de surface, et même aux brèches ferrugineuses reconnues au cours de la prospection (Lasserre, 1980). Ces affleurements peuvent être considérés maintenant comme des chapeaux de fer pour une bonne partie d'entre eux. Ce diagnostic précoce, avant toute prospection minière, a été confirmé au Togo par des prospections régionales et locales et par des forages ayant recoupé des minéralisations de sulfures et carbonates de Zn. Au Burkina la validation reste un objectif.

 

Dans une première partie seront définies les bases des applications à la spécificité climatique des chapeaux de fer en zone tropicale.

 

Dans la deuxième partie, les exemples que sont les ferruginisations dans les formations du Néoprotérozoïque du Togo et du Burkina seront comparés. Il y a bien évidemment des interactions entre les deux domaines exposés, qui se sont imposées de fait.

 

Il faut rappeler que les cuirasses latéritiques et les chapeaux de fer sont des roches ferrugineuses supergènes résiduelles, et il est important de préciser que cette secondarité signifie que la roche parentale n'existe plus. Les formations considérées comme roches parentales sont, en réalité, des équivalents d'une roche disparue.