Conclusions

3.1 L'identification des chapeaux de fer en milieu tropical cuirassé

Tout d'abord, l'identification des chapeaux de fer en milieu tropical cuirassé a été envisagée, ce qui a permis de relativiser l'affirmation de Routhier (1963) sur l'impossibilité de la distinction entre cuirasse latéritique et chapeau de fer. Il faut insister sur cet aspect de méfiance à l'égard des roches secondaires de fer, étendue aux minéraux constitutifs voire au métal lui-même, car il a été relayé par des concepts d'allochtonie des constituants du fer, dont l'intérêt reste plus local que général. A cette fin, les résultats obtenus depuis les années soixante, sur les altérations tropicales ont été intégrés, ainsi que celles qui sont connues et acquises sur les altérations des minéralisations sulfurées.

 

Les principes de lithodépendance et d'autochtonie des terrains d'altération (Blot, Leprun, 1973 ; Blot et al, 1976, 1978 ; Zeegers et Leprun, 1979) ont autorisé à proposer des schémas ayant des applications directes pour l'identification des altérations de roches particulières, les roches minéralisées.

 

La genèse des chapeaux de fer a été considérée comme la sommation de l'histoire de l'altération des minéralisations sulfurées, où toutes les étapes des filiations minéralogiques génèrent des minéraux secondaires de fer.

 

Donc ce qui était vrai avec Routhier, en 1963, ne l'est plus, mais il reste encore à faire en sorte que les habitudes se mettent à évoluer, pour toujours envisager l'éventualité d'un chapeau de fer en présence d'une roche ferrugineuse (Pouit, 1987 ; Chauris et Garreau, 1990 ; Blot, 2004) avec un sens plus ou moins précis (Kosakevitch, 1979 ; Butt et Smith, 1980 ; Ryall et Taylor, 1981 ; Oliveira et al, 1993 ; Imbernon et al, 1999). L'approfondissement de l'utilisation des chapeaux de fer pour l'amélioration de la prospection (Wilhelm et Kosakevitch, 1979), dépend aussi en grande partie d'un diagnostic précoce, tel qu'il a été proposé. Il est important de souligner que le diagnostic, à Pagala et à Tin Akoff, a été posé préalablement à toute prospection minière, ou postérieurement à des prospections n'ayant dégagé aucune perspective. Là l'abondance des affleurements ferrugineux au centre du Togo, et au nord du Burkina, n'a pris un sens qu'en les considérant comme des signaux de minéralisations d'origine sulfurée et carbonatée. Les réserves entre vrais et faux chapeaux de fer, en place ou non, avec un fer autochtone ou exotique, ne sont importantes qu'au deuxième degré. Comme il n'y a pas vraiment de modèles des transformations des minéralisations dans cette zone climatique, il pourrait être un objectif pédagogique essentiel, de lancer l'étude sur une minéralisation connue pour la formation des prospecteurs.

 

On peut retenir qu'il y a, dans la zone climatique ouest-africaine, une telle intensité d'altération supergène, que seuls les oxydes et hydroxydes de fer sont la mémoire des minéralisations primaires.