Conclusions

3.2 Potentialité métallogènique des terrains du Néoprotérozoïque

La potentialité métallogénique du Birimien est le fil directeur unique de toutes les prospections en Afrique de l’Ouest depuis des dizaines d’années, précédant même l’approche synthétique de Milési et al (1986) concernant l’or. Ceci étant, il est important d’intégrer les observations sur les terrains plus récents, notamment ceux qui sont issus du Birimien, après altération, démantèlement, transport, sédimentation et réorganisation. La probabilité d’extension d’une potentialité métallogènique aux terrains du Néoprotérozoïque est de fait issue de la mise en évidence d’indices supergènes nombreux et variés. Ces observations rendent caducs les postulats de stérilité minière de ces formations.

 

A certains égards, l’abondance des corps ferrugineux, leur constitution, leur composition et la variété d’éléments à forte teneur, permet de mettre en parallèle, le Nord du Burkina et le Centre du Togo (tableau 21). Dans les formations du Togo, la mise en évidence des chapeaux de fer a été déterminante pour créer des perspectives aussi bien pour les métaux de base que pour d’autres éléments (Blot et al, 1988 ; Blot et Magat, 1989), alors que ces formations avaient toujours été considérées comme sans intérêt pour la recherche minière (Bessoles et Trompette, 1980).

 

Les Bassins du Néoprotérozoïque sont bien évidemment collecteurs de tout ce qui a été évacué des formations plus anciennes, y compris les métaux. La concentration de ces métaux signifie une histoire postérieure où différents mécanismes de sédimentation, de diagenèse, de métamorphisme, d’événements tectoniques et magmatiques ont un rôle. Ici, il n’a été pris en compte que la résultante, dans le domaine supergène, des concentrations endogènes, se traduisant par des ferruginisations dont certaines sont des chapeaux de fer. Avec notamment des faciès brèchiques qui ont été d’abord reconnus comme signal tectonique plutôt que comme signal de minéralisation.

 

A priori rien ne peut justifier, pour les métaux et autres éléments utiles, des perspectives moindres dans le Bassin de Taoudéni du Nord Burkina Faso, que ce qu’elles sont dans l’Atacora du Centre Togo.

 

Tableau 21 

Les principales anomalies géochimiques classées des affleurements ferrugineux de Pagala et Iin Akoff ; les minéralisations correspondantes connues ou de proximité.

 

Aux approximations près, les conclusions respectives concernant les ferruginisations du Centre du Togo et du Nord Burkina, ont été assez proches. La minéralisation principale de Pagala a été rapidement considérée comme sédimentaire et exhalative (Blot et Magat, 1990 ; Deschamps et al, 1991) avec au moins 4 variétés de minéralisations (Cortes et al, 2001). Ce type Sedex est considéré en perspective comme la probable forme des minéralisations de la région de Tin Akoff (Castaing et al, 2003). Dans les deux régions, les ferruginisations ont une incontestable image d'associations de sulfures hydrothermaux, principalement des sulfures de basse température et de sulfures complexes.